C’est quoi au juste une  » Catherinette » ?

 

Les  » Catherinettes » …

 

 

Aujourd’hui  25 novembre, jour de la Sainte Catherine, nous célébrons les « Catherinettes».

 

Mais c’est quoi ce sobriquet millénaire, quasi oublié aujourd’hui, qui a valu à sa première dignitaire de se faire couper la tête ? Bref, je vais tenter de vous donner quelques explications sur cette fameuse Sainte Catherine …

 

Petite expression je vous l’accorde un peu démodée aujourd’hui certes 🙂  l’appellation dérivée de Sainte Catherine d’Alexandrie était pourtant encore très populaire jusqu’au milieu du XXe siècle. Surtout pour les demoiselles, qui âgées de plus de vingt-cinq ans, peinaient à se ranger…bref elles étaient célibataires et  avaient dépassé la date limite !

 

Comme une date de péremption ( oui je sais c’est un peu mal choisi !! ), les femmes qui dépassaient le quart de siècle sans se retrouver au bras d’un mari à l’époque médiévale étaient jugées inconsommables. Comme le notera d’ailleurs un Balzac en 1842 avec son roman intitulé La femme de trente ans, la dame qui accueillait une nouvelle dizaine à son âge, ne pouvait plus passer pour désirable auprès de la gent masculine…d’où l’urgence de trouver le prince charmant !

Ce 25 novembre, était alors pour les femmes vierges et «âgées», l’occasion rêver de se dégoter un homme afin de sortir de ce statut pas très flatteur et plutôt assez outrageant de «vieille fille». Outre les coiffes bicolores jaunes et vertes qu’elles arboraient à cet effet, les Catherinettes rendaient ainsi hommage au travers de cortèges et de jets de fleurs à leur patronne: Sainte Catherine.

 

● Un peu d’histoire, qui était Sainte Catherine ?

 

Tout commence avec une femme: Sainte Catherine. Selon la croyance, la jeune femme, convertie au christianisme, aurait toujours refusé de se marier. Fervente croyante, elle avait fait le choix de n’être mariée que spirituellement à Jésus Christ.  A cette époque, l’empereur Maximien, qui persécutait les chrétiens, convoqua ces derniers à une célébrations païenne. Catherine refusa d’y participer et choisit de discuter directement avec l’empereur pour le remettre sur le voie du christianisme.

 

Fasciné par la beauté et la vivacité d’esprit de la jeune femme, Maximien entama avec elle un débat religieux qu’il ne gagna pas. Pour démontrer que le christianisme n’était pas la religion à adopter, 50 philosophes païens au service de l’empereur discutèrent avec Catherine. Néanmoins, l’effet escompté fut l’inverse: les philosophes, convaincus par les arguments de Catherine, se convertirent au christianisme. Maximien, furieux de son échec, les fit aussitôt brûler avant de demander la jeune femme en mariage. Face à son refus l’empereur l’emprisonna, mais, la jeune femme ne capitulant pas, il la condamna finalement au supplice de la roue.

 

Au moment de l’exécution de Catherine, la roue se brisa. L’empereur lui laissa en vain une seconde chance de l’épouser, avant de la faire décapiter un 25 novembre. Selon la légende,  ce n’est pas du sang mais du lait qui se serait écoulé de la tête de la jeune femme. Les anges auraient alors enterré son corps sur le Mont Sinaï.

Cette torture et cette bravoure firent de la jeune femme une figure de courage mais aussi de foi pure, ce qui lui conférera le statut de Sainte et de martyre. Exécutée alors qu’elle était encore vierge, Sainte Catherine occupe une place importante parmi les saintes et deviens par la suite la patronne des célibataires.

 

Son culte se propagea ainsi avec les Croisades et se répandit alors sur tout l’Occident durant l’ère médiévale. Durant cette période, Sainte Catherine fut représentée avec une auréole tricolore: le blanc symbolisant la virginité, le rouge pour le sang et son statut de martyre et le vert comme image d’espoir et de sagesse.

 

● Que signifie l’expression «coiffer sainte Catherine» ?

 

Afin d’honorer la mémoire de leur patronne, les «Catherinettes» au XVIe siècle devaient chaque année, tous les 25 novembre, se coiffer aux couleurs de leur patronne et implorer sa pitié: «Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine ; mais plutôt un que pas du tout».

 

 

Pour ce faire, les femmes de vingt-cinq ans ou plus, se rendaient à l’église et couvraient les statues de leur sainte de guirlandes de fleurs, de chapeaux et parfois de rubans. D’où l’expression…coiffer Sainte Catherine tout simplement !

 

 

La tradition veut que l’on confectionne aux Catherinettes des chapeaux extravagants, où le vert et le jaune prédominent et qu’elles porteront tout au long de cette journée festive. La couleur verte symbolise l’espoir (de se marier) tandis que la couleur jaune symbolise la sagesse (acquise avec les années).

 

 

 

● Qui célèbre encore aujourd’hui la Sainte-Catherine ?

 

Plus sérieusement aujourd’hui la tradition s’est il faut l’avouer un peu perdue et il n’en est plus vraiement question pour les jeunes femmes de 25 ans. Adieu les chapeaux tricolores et bonjour les joies du célibat !

La tradition continue parfois tout de même de subsister dans les milieux de la haute couture et vous croiserez peut être certains modistes ou chapeliers habillés de chapeaux farfelus jaunes et verts, confectionnés pour l’occasion…ouvrez l’oeil !

Certaines grandes maisons continuent par ailleurs de fêter les Catherinettes. Elles ont alors abandonné la coiffe pour lui préférer de grandes fêtes ou des défilés. Des soirées pas seulement intimes, qui, sans le vouloir, font perdurer la tradition des rencontres. Peut-être y a-t-il eu (et continuera-t-il d’avoir) parmi l’une d’elles, celle d’une et d’un futurs mariés…

 

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