Le Pardon, ça libère !

Il est presque naturel d’entretenir des sentiments de rancune et de colère. Mais à quel prix ? La colère peut être libératrice, mais lorsqu’elle se transforme en amertume, elle devient le plus souvent une entrave à l’épanouissement. Pour se libérer du mal, il faut pardonner car ne pas pardonner fait souvent plus de mal que de bien…

On a trop souvent fait du pardon un but en soi. Et s’il s’agissait plutôt de tourner la page pour pouvoir enfin se libérer ?
D’assumer ses blessures bien plus que d’attendre une impossible réparation ?

choix-pardon-pouvoir

Du côté de la psychanalyse

Le dictionnaire Larousse indique que « le pardon consiste à ne pas tenir rigueur d’une faute, d’une offense encore, qu’il peut s’agir d’une formule de politesse lorsqu’on dérange quelqu’un » la psychanalyse en donne une définition beaucoup plus large.

En psychanalyse, pardonnez consiste à prendre en compte les dispositions limitatives de l’autre. Ainsi, le pardon renvoie un autre agresseur, à un individu, quoi qu’il en soit en recherche de conflit. Sigmund Freud nous a permis de comprendre que rechercher le conflit masque une souffrance interne et les blessures intimes enfouies à l’intérieur de nous, au plus profond de nous-mêmes.
Pardonner ne appartient donc pas au domaine de la facilité. 

Pardonnez nécessitent une parfaite connaissance de soi qui se base sur la compréhension des autres, sans toutefois prendre le risque de juger.

Un acte de justice

Le pardon, message fondamental dans la foi chrétienne est source de nombreux malentendus. Il est souvent perçu comme une potion magique, solution miracle à toutes les blessures. Or, Jacques Poujol, pasteur, psychothérapeute et conseiller conjugal et familial, nous indique que le pardon est plutôt un acte de justice – il n’y a pas de pardon possible sans repentir- qu’il est établi une relation et permet à une situation d’évoluer.

Quel rapport entre pardon et liberté ?

Selon Karin Reuter , psychologue, « aucun, à première vue, si notre liberté est celle d’agir sans contrainte et le pardon le simple fait d’effacer l’ardoise… Plus que tout autre, ces 2 notions nous renvoient à nous même, À la manière dont nous nous  définissons, et donc à notre degré de conscience. Parler de pardon et de liberté, c’est parlé de nous, c’est projeter ce que nous sommes. Être libre revient fondamentalement à être libéré, de notre vivant, de l’enclos à partir duquel faisons l’expérience de la vie. »
Et le pardon, qu’a-t-il avoir avec tout cela? « on peut voir le pardon comme une justice qui se rétablit une fois que les comptes sont réglés. C’est un premier degré de compréhension. Plus profondément, on peut envisager aussi le pardon comme relation à exiger réparation. La personne qui a été blessée accepte de s’ouvrir à nouveau là où elle s’est fermée, parfois pendant des années. C’est très différent d’un oubli. La personne offensée comprend profondément que celui ou celle qui l’a lésé ne pouvait pas agir autrement. Le cœur s’ouvre et la compassion lui permet de vivre la douleur de l’autre comme la sienne. Ne dit-on pas d’ailleurs que la personne qui pardonne est elle-même libérée du poids de la rancœur et du ressentiment? Le sentiment d’être dit, à peine exprimé, et la vérité libère. Cela correspond un niveau de conscience et d’amour beaucoup plus élevé« 

L’échelle supérieure du pardon

Il existe pourtant un niveau de pardon encore plus profond rendu possible par la pleine conscience de notre unité avec tout être vivant. Dans ces conditions, on reconnaît que personne ne nous a blessé sinon nous-même. L’autre n’est jamais qu’une autre facette de nous même  en tant qu’ Absolu : Il joue le rôle qu’on lui a prêté pour nous permettre d’intégrer une part d’ombre plus difficile à assumer.

« on peut toucher ce niveau de pardon, lorsqu’on réalise que ce qui est blessé en nous , lors d’un manque d’amour ou d’une forme de violence quelconque, n’est jamais que notre identité factice. La conscience sans limites que nous sommes reste a jamais inaltéré par ses actes ou c’est paroles blessantes. Il n’y a pas de pardon authentique sans reconnaissance de sa blessure, Sans quoi on pourrait cautionner tous les abus. En même temps, il est essentiel de ne pas se réduire aux personnages blessés que nous portons » ajoute Karin Reuter.

Il est donc clair que le pardon transformera votre vision du passé les événements du présent, Notamment dans vos relations avec autrui.

À l’inverse d’autres formes classiques de pardon, le pardon total va plus loin : vous apprenez à décrypter une situation conflictuelle, à totalement changer votre vision en comprenant en quoi cette situation n’est pas là pour vous  stresser et vous angoisser, mais qu’elle est en vérité un plan d’évolution parfait pour vous, Orchestré par votre âme et celle de la personne avec laquelle vous êtes en désaccord. La personne qui vous a offensé n’est alors plus votre bourreau, mais votre bienfaiteur.
Vous n’êtes plus victime, mais bénéficiaire leur et le pardon et la libération se font spontanément sans faux-semblants.

Cinq étapes essentielles

Voici cinq étapes claires qui décrivent la démarche à faire pour pardonner vraiment. Tout le mondePeut pardonner…

  1. La prise de conscience : prendre la décision
    Le pardon ne va pas venir seul. Il faut décider de ne pas prendre le chemin de la vengeance pour régler une situation d’injures, de blessure, de trahison. C’est très important que sa décision soit prise avant que l’offense arrive. Lorsque le mal arrive, si cette décision n’est pas prise, vous avez penser immédiatement à vous venger et vous allez passer à l’acte. Il est aussi très important d’essayer de faire cesser l’offense. Le pardon est difficile et ne tient pas longtemps donc une personne perpétue son offense. Il faut décider de discuter avec cette personne pour lui demander de cesser de nous blesser cela demande du courage. Faire savoir qu’on est blessé ne veut pas dire forcément se mettre en colère contre l’autre.
  2. La verbalisation : reconnaître qu’on n’a été blessé
    Lorsqu’on a souffert d’une injustice, d’une trahison, Lorsqu’on a été insulté, on a parfois tendance à vouloir tout d’abord excuser l’autre, à vouloir oublier et minimiser la faute. Parfois c’est même l’offensé c’est qui ce sent coupable ( dans le cas d’abus sexuels d’enfants ce sont les enfants qui se sentent souvent coupables). Il faut redresser cette situation là et rentrer en contact avec sa blessure intérieure. Ce n’est pas facile. Nous avons tous les mécanismes de défense qui nous empêche de vouloir trop souffrir. On a peur aussi de rencontrer notre colère. On fait toutes sortes de manœuvre pour ne pas entrer en contact avec nos émotions. Essayer d’excuser l’autre, On va lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Beaucoup de gens pardonnent trop vite sans respecter ce qui se passe à l’intérieur d’eux-mêmes.
    Mais si il n’y a pas une purgation des différentes émotions (douleur, tristesse, colère, frustration), On ne guérira pas. Pardonner demande du courage.
    Reconnaître qu’on a été blessé veut aussi dire identifier ce qui a été touché en nous. Ce n’est pas jouer à la victime et se lamenter sur soi-même d’une façon générale. C’est important de savoir exactement ce qu’on a perdu, par rapport à nous mais également par rapport à l’autre. Dans tout pardon, il y a un  » deuil  » à faire par rapport aux attentes que l’on n’avait vis-à-vis de quelqu’un. Quand on peut ainsi repérer ce qui a été touché en nous (Notre honnêteté, notre fidélité, notre compétence…), Notre agressivité commence à fondre parce que l’on pensait auparavant que c’était toute notre personnalité qui avait été atteinte.
  3. La reconnaissance des faits : dire sa souffrance
    Il faut extérioriser sa douleur pour pouvoir en faire quelque chose, la guérir. Écrire dans un cahier, parler à quelqu’un de confiance qui nous libère du poids de la blessure. Attention, il ne s’agit pas de parler pour se venger, dire du mal de l’autre. On a décidé de ne pas se venger! Il s’agit de parler de sa souffrance et de décrire des faits, pas interpréter des intentions. Il faut aussi trouver une personne assez mûre pour écouter nos doléances sans que cette personne revienne à mépriser celui qui nous a fait du mal, ni qu’elle aille répandre partout la nouvelle. De cette mauvaise tendance et de la mauvaise compréhension du processus de pardon naît notre solitude. Parler à quelqu’un permet d’y voir clair en nous et d’ identifier ce qui a été touché.
  4. La passion et l’humilité : recevoir la guérison.
    Le pardon total n’est pas possible si note être intérieur n’a pas été guéri. La plupart du temps parler a quelqu’un permet à la guérison de se faire avec le temps. Nous avons une capacité intérieure réparatrice. Quand la blessure est trop profonde et très ancienne, le MOI intérieur n’a plus la force de réparer les dégâts.
  5. S’ouvrir ou pardon
    Une fois la guérison enclenchée on peut s’ouvrir pour recevoir le pardon. En effet, on ne pardonne pas aux autres, on se laisse prendre par le pardon. Le pardon ne nous appartient pas. Le croire fait  naître en nous  un sentiment de supériorité. Ce qui est important c’est de savoir qu’on ne donne pas le pardon, mais qu’on le reçoit. Le vrai moteur pour le pardon, c’est donc de se savoir aimé(e) profondément, inconditionnellement . Si vous vous sentez aimé(e) profondément, vous allez être capable de pardonner. Quelqu’un qui ne se sent pas aimé, Peut-il aimer pleinement les autres ? Si vous avez l’impression qu’on ne vous a rien  pardonné dans votre vie, allez-vous être capable de pardonner à d’autres?
    En même  temps, Il n’y a rien de plus difficile que de recevoir quelque chose d’une manière gratuite. On a toujours l’arrière pensée qu’il y aura quelque chose à payer. Quand vous entrez dans le monde du pardon, vous entrez dans un monde d’abondance, de générosité, vous entrez en liberté !

Et après?

On a le choix. Est-ce qu’on se réconcilie ou pas?
Si vous vous réconciliez avec la personne, la relation ne peut plus revenir comme avant. Lorsqu’il a eu une blessure entre deux personnes, le seul chemin positif, c’est l’approfondissement de l’amour entre ces deux personnes, décidé d’un commun accord.

Quand on peut souffrir ensemble et accepter cette souffrance la, il y a une sorte d’approfondissement. Un amour qui n’a pas souffert est un amour qui manque de profondeur. Toutefois dans certaines situations, il est peut-être préférable qu’il n’y ait pas de réconciliation physique, si la personne n’a pas changé par exemple, voir si elle peut encore vous agresser et vous faire du mal…

 

Le Pardon libère la conscience et il élève le taux vibratoire…il purifie et guérit…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.